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Interview  de Madame Martine Pinville, secrétaire d’etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consomamtion et de l’economie sociale et solidaire

 

Quelles sont les forces et les faiblesses de l’économie sociale et solidaire aujourd’hui ?

C’est d’abord un atout économique formidable pour la France ! 10% du PIB et des emplois, près de 2,37 millions de salariés, un chiffre en hausse de 25 % depuis 2 000, et sûrement encore plus d’ici 2020.

En effet, de nouvelles perspectives de création d’emplois dans l’économie sociale se dessinent, que ce soit dans l’économie circulaire, l’économie du partage ou le service aux personnes âgées ou fragiles. Au delà de sa robustesse, cette économie intègre le désir croissant chez les jeunes, d’entreprendre d’une manière différente, à la recherche d’un impact social positif. Un jeune diplômé sur deux souhaite intégrer ce domaine à sa sortie d’étude.

Le succès de réseaux de soutien à l’entreprenariat social tels que Makesense, ou le nombre d’entrepreneurs présents à la Social Good Week en sont autant de belles illustrations. Un des principaux défis de l’économie sociale est de réussir à amplifier cette dynamique : s’affirmer comme une façon d’entreprendre à part entière, innovante, crédible et non pas comme une solution vouée à rester confidentielle ou anecdotique.

Le rôle de la puissance publique est justement de fournir un cadre favorable aux entreprises de l’ESS, de les aider à changer d’échelle. C’est ce que nous avons fait avec la loi ESS en 2014. Nous avons le même enjeu au niveau européen, avec les autres Etats Membres et la Commission européenne.

 

C’est l’ambition politique et économique #ScaleMeUp ?

La préoccupation accordée à l’économie sociale n’est pas nouvelle en Europe. Déjà en 2010, dans le cadre de la stratégie "Europe 2020" : l’ESS devient une politique de l’Union européenne.

En 2011, avec l'acte pour le marché unique : l’ESS fait partie des  leviers pour relancer une croissance inclusive en Europe, tournée vers l’emploi pour tous.  Passé le temps des déclarations, nous devons aujourd’hui passer à l’action et à la preuve par l’exemple en faisant émerger de nouvelles coopérations à l’échelle de l’Europe. Si Scale Me Up est une initiative française, elle est menée de façon collégiale avec d’autres États membres.

La démarche est née lors de la Conférence « Boosting social entreprises » qui a donné naissance à la Déclaration du Luxembourg, le 4 décembre 2015. Ce jour-là, un premier cercle autour du Luxembourg se mettait en place constitué de l’Italie, l’Espagne, la République Slovaque, la Slovénie et de la France.

Nous avons alors tous signé pour un premier but : l'Union européenne doit parvenir à une approche commune reconnaissant l'importance de l'économie sociale et demeurer respectueuse de sa grande diversité et de son contexte historique dans l'ensemble des États membres. C’est le grand objectif sur lequel la France espère veut emmener ses partenaires européens à travers Scale Me Up.

 

Pourquoi est-il si important d’aboutir à une reconnaissance partagée de l’économie sociale au niveau européen ?

Cette reconnaissance partagée s'inscrit dans la même logique que la loi ESS en France en 2014 : il faut commencer par savoir de quoi on parle et identifier les organisations concernées pour pouvoir leur dédier des dispositifs, des financements et leur permettre de « changer d’échelle ».

Au niveau européen, pour que nos entreprises de l’économie sociale s’emparent vraiment du marché unique, pour qu’elles « décrochent l’Europe » et cassent le plafond de verre,  il faut également que nous soyons tous en mesure de les « reconnaître ». Or, force est de constater que chaque Etat membre a aujourd’hui, de façon totalement légitime, sa propre définition de « l’économie sociale ».

Il est essentiel de respecter cette diversité qui correspond à l’histoire et au contexte social de chaque pays. La solution n’est pas dans la standardisation de toutes les définitions, mais au contraire dans la capacité de l’Europe à assurer leur coexistence. C’est sur la base de cette reconnaissance que les entreprises de l’économie sociale pourront bénéficier pleinement du marché européen.

C'est l'Europe à l'heure de la Justice Sociale, et notre appel à projets vise à illustrer tout son potentiel économique et sociétal.

 

Justement, qu’allez vous apporter d’essentiel aux lauréats durant la séquence d’accélération ?

 

Notre objectif à travers l’appel à projets lancé le 17 juin est de booster des initiatives européennes de l’économie sociale qui méritent un vrai coup d’accélérateur pour leur caractère innovant, leur potentiel d’impact sur le territoire, leur gouvernance remarquable.

6 projets lauréats seront sélectionnés. Ils se verront d’abord offrir un coup de projecteur sur leur projet, pour le faire connaître, le valoriser, et ainsi, pourquoi pas, encourager son essaimage à long terme.

Ils auront également un accès facilité aux financements : nous les accompagnerons dans leur recherche d’investisseurs et des sources de financements européens seront identifiées. Les porteurs de projet bénéficieront enfin d’un accompagnement juridique pour les aider à affiner leurs statuts et leur gouvernance.

 

Quels sont les objectifs à long terme de #ScaleMeUp ?

Scale Me Up est une initiative française. Je serais heureuse que d’autres pays la dupliquent, ou mènent leur propre initiative, toujours dans l’idée d’incarner les objectifs de la Déclaration du Luxembourg signée en décembre 2015. Notre souhait est d’impulser une « coopération renforcée » dans ce domaine de l’économie sociale.

Ce cadre prévoit qu’un minimum de neuf États membres établissent une coopération accrue dans un domaine choisi, leur permettant ainsi de progresser selon des rythmes et des objectifs différents des autres pays.

S’engager dans cette démarche de coopération renforcée est un processus long, exigeant. Il impose la mobilisation des Etats, mais aussi de la Commission européenne.

C’est important : pour véritablement faire évoluer le cadre communautaire afin qu’il intègre l’économie sociale de façon plus profitable, une dynamique pérenne doit se mettre en place. L’initiative française Scale Me Up a vocation à y contribuer.  

L’année dernière représente à mes yeux une année charnière pour l’économie sociale et solidaire en Europe. En effet, avec l’adoption, sous Présidence luxembourgeoise, des premières conclusions du Conseil sur l’économie sociale ainsi que la constitution d’un groupe de travail des Ministres engagés à mettre en œuvre la Déclaration de Luxembourg, nous avons franchi une étape importante en matière de politiques européennes de développement et de promotion de l’économie sociale et solidaire.

Nous avions identifié comme un des sujets phare l’écosystème financier de l’économie sociale et solidaire. En effet, la question du financement est,  aujourd’hui plus que jamais, crucial et doit être un des principaux domaines de notre travail commun, aussi bien au niveau national qu’au niveau européen.

Ainsi, nous devons identifier les moyens les plus adaptés et efficaces pour canaliser les fonds publics et privés vers les entreprises de l’économie sociale. La conférence organisée le 17 juin à l’initiative de la Secrétaire d’Etat française, Madame Pinville, marque aussi une étape importante. Elle a pour objet de faire émerger des projets d’entreprises de l’économie sociale. Nous sommes donc dans le concret.

A travers cet appel à projets européennous confirmerons la promotion et la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire, à l’échelle de l’Union européenne.  L’Economie sociale et solidaire prendra ainsi sa place dans une économie européenne en pleine mutation créant des emplois, promouvant l’innovation et rappelant qu’il n’y a pas de bonne économie sans justice sociale.

 

scale Me upillustration participez Scale Me Up

Martine  PINVILLE

Secrétaire d'Etat chargée de L’Économie Sociale et Solidaire,
Autre Interview à propos de Scale Me Up,
TV5 Monde 

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