Discours introductif de Madame Thyssen à la conférence sur l'Economie sociale du 1er décembre

- Publié le : 19 décembre 2016 -
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Discours introductif de Madame Marianne Thyssen, Commissaire Européenne à l’emploi, les affaires sociales, les compétences et mobilité des travailleurs à la conférence internationale : « l’Economie Sociale comme vecteur de développement d’emploi au niveau régional »

Conférence qui s’est tenu à Bratislava, 1er décembre 2016, dans le cadre de la présidence Slovaque du Conseil de l’Union Européenne, et à laquelle a participé Mme Martine PINVILLE, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire. Cet événement a été l’occasion de mettre en avant les enjeux de l’économie sociale et son rôle pour une Europe durable et inclusive. Le Rapport général 2016 du Groupe d’Experts de la Commission européenne sur l’Entrepreneuriat Social (Geces) y a été présenté publiquement pour la première fois par par son rapporteur général Denis Stokkink, le Président du Think & Do Tank Pour La Solidarité (PLS).

 

Mesdames et Messieurs les Ministres, distingués participants à la conférence, Mesdames et Messieurs,

Le modèle social européen et notre économie sociale de marché sont des exemples de réussite : pour la plupart, nos citoyens jouissent d'un niveau de vie élevé, d'une bonne protection sociale et de possibilités de participer à l'économie et à la société en général.

Cependant, lorsque cette Commission européenne a commencé son mandat il y a deux ans, nous avions des niveaux historiquement élevés de chômage des jeunes et de longue durée. Aujourd'hui, en dépit des signaux positifs que nous obtenons en ce qui concerne la diminution du chômage des jeunes (- 1,4 million) ou la réduction de la pauvreté (- 8 millions de moins de pauvres), nous sommes toujours confrontés aux conséquences de la crise.

Trop de familles vivent dans la pauvreté et trop de jeunes trouvent difficile de réaliser leur potentiel sur le marché du travail.

Dans un contexte où des défis sans précédent tels que la crise des réfugiés, les nouvelles technologies et les modes de travail changeants mettent le projet européen à l'épreuve, nous voyons des individus et des groupes avoir peur de devenir les perdants de la mondialisation et de la numérisation. Le désespoir est un terrain fertile pour le populisme.

Les gens ont tendance à croire que le retour au bon vieux temps et le retour aux frontières nationales les protégeront mieux.

Il existe beaucoup de valeurs à préserver aujourd'hui :

  • les valeurs fondamentales de l'Europe, telles que le respect de la dignité humaine, l'égalité, les droits de l'homme, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités, la solidarité, la non-discrimination et la tolérance,
  • les principales réalisations de l'intégration européenne, telles que la libre circulation des travailleurs,
  • la confiance des citoyens dans nos institutions démocratiques et la confiance entre les citoyens eux-mêmes.

En d'autres termes, notre cohésion sociale doit être renforcée de toute urgence. Par conséquent, notre stratégie doit être basée sur la croissance et l’emploi bien sûr, mais ce n'est pas suffisant. Le projet européen doit se fonder également sur l'équité, la solidarité, la justice sociale que nos politiques doivent concrètement refléter.

La Commission a choisi des priorités qui rétablissent la justice sociale et relient les personnes et les entreprises aux principes fondamentaux de notre économie sociale de marché.

Dans ce contexte, nous proposons un « pilier européen des droits sociaux » avec trois objectifs principaux :

  • 1. promouvoir l'équité sociale ;
  • 2. s'attaquer aux divergences croissantes entre les États membres et à l'intérieur de ceux-ci ;
  • 3. soutenir l'adaptation face à l'évolution rapide du monde du travail et de la société.

Pour que ce programme soit concret, nous devons mobiliser tous les partenaires concernés de nos sociétés, au niveau local, et créer de nouveaux partenariats entre les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile. Faire une économie de marché sociale réelle implique que nous créions les conditions qui favorisent le développement des entreprises sociales et socialement responsables et durables :

  • des entreprises, qui regardent au-delà de la maximisation des profits à court terme.
  • des entreprises, qui assument leurs responsabilités envers leurs employés, leurs parties prenantes et la société dans son ensemble.
  • des entreprises, qui favorisent les capacités et les compétences de leurs employés et s'appuient sur leurs aptitudes à l’innovation.

Mesdames et Messieurs, vous représentez une partie de l'économie et de la société civile, qui joue un rôle unique et essentiel à jouer dans ce contexte. Vous vous êtes engagé à promouvoir les entreprises qui visent explicitement à atteindre un impact social et qui ne mettent pas le capital ou le profit à l’avant les personnes.

Vous représentez des entreprises qui ont une capacité exceptionnelle à stimuler l'innovation sociale, à créer des emplois durables et inclusifs et à promouvoir la participation citoyenne, la cohésion sociale et la confiance entre les communautés locales.

Par conséquent, je suis ici aujourd'hui pour vous confirmer que la Commission européenne reconnaît l'énorme valeur que les entreprises sociales apportent à nos économies et à nos sociétés.

Pour moi, toute l'économie doit être « sociale » et mettre l’humain au centre de tout. Et je sais que je ne suis pas la seule à penser comme ça aujourd'hui.

Pour que l'Union obtienne une « triple A social », nous avons besoin de partenaires qui partagent non seulement nos valeurs, mais qui livrent également des résultats de proximité concrets au bénéfice des personnes. Vous, les entrepreneurs sociaux, êtes parmi ces partenaires clés !

La Commission a pris plusieurs mesures au cours des dernières années dans le cadre de sa Social Business Initiative et a encouragé les États membres à créer des conditions favorables pour les entreprises d'économie sociale et les entreprises sociales. De bon sens logique, l'économie sociale et les entreprises sociales relèvent des priorités du Fonds social européen.

De nombreux pays utilisent activement ce Fonds social européen pour développer des initiatives audacieuses dans ce domaine, comme le Fonds portugais d'innovation sociale ou le Fonds national polonais pour l'entreprenariat social, pour n'en nommer que quelques-uns. Plus de 1,3 milliard d'euros ont été affectés à cette priorité sur l’ensemble des Etats membres.

Le Fonds social européen m'amène à la question des compétences en Europe. Aujourd'hui, 70 millions d'Européens sont considérés comme peu qualifiés. De faibles compétences mettent les gens en situation de plus grand risque de chômage, de pauvreté et d'exclusion sociale. C'est la raison pour laquelle la Commission a proposé, en juin dernier, un programme de formation qui vise à résoudre le problème des faibles qualifications et à faire en sorte que les personnes aient les compétences requises, y compris un esprit d'initiative et un esprit d'entreprise.

Mais nous reconnaissons, également, qu'il existe des potentiels inexploités, des obstacles et des goulots d'étranglement qui entravent le démarrage et l'expansion des entreprises sociales dans de nombreux pays. C'est pourquoi nous continuons d'élaborer et de mettre en œuvre de nouvelles mesures.

Au moment où nous parlons, nous sommes sur le point de signer 20 nouvelles conventions de subvention avec des organisations de promotion des marchés d'investissement social dans les États membres.

Avec le Fonds européen d'investissement, la Commission a lancé il y a quelques semaines des instruments d'investissement d'impact social dans le cadre du Fonds européen pour l'investissement stratégique. Ces instruments, centrés sur les Incubateurs, les Business Angels et les systèmes de paiement par résultats, stimuleront les marchés d'investissement social et offriront aux entreprises sociales en Europe de nouvelles possibilités de démarrage et d'expansion.

Nous utilisons le Fonds européen d'investissement stratégique pour augmenter l'échelle des instruments financiers pour les entreprises sociales et la microfinance dans notre programme pour l'emploi et l'innovation sociale.

Le montant total du soutien sur ces secteurs devrait passer de 193 millions d'euros au titre du programme Emploi et Innovation sociale à environ 1 milliard d'euros, mobilisant environ 3 milliards d'euros d'investissements supplémentaires pour les entreprises.

Et la Commission a annoncé la semaine dernière - dans le cadre de l'initiative Start-Up and Scale-up - un nouvel ensemble de mesures visant à promouvoir l'expansion des entreprises sociales émergentes.

Je suis personnellement très engagé à rendre ces nouvelles mesures solides et efficaces, de même que le vice-président Dombrovskis et le commissaire Bienkowska avec qui nous travaillons en étroite collaboration dans ce domaine.

Je me réjouis de l'excellent rapport du groupe d'experts sur l'entreprenariat social - GECES - sur lequel la Commission s'appuiera pour concevoir les prochaines mesures.

Mesdames et Messieurs, je sais que de nombreux membres du groupe d'experts du GECES sont présents aujourd'hui. Permettez-moi d'adresser mes plus chaleureux remerciements à vous tous.

Votre participation volontaire au groupe d'experts est l'expression de l'engagement et de la volonté de faire de l'Europe un meilleur endroit.

Lien vers le texte introductif officiel, en anglais.

Lien vers le Rapport général 2016 du Groupe d’Experts de la Commission européenne sur l’Entrepreneuriat Social (Geces). Le Rapport général 2016, sur lequel travaillent les membres depuis septembre 2015, représente le premier résultat concret de cet organe. Son objectif est d‘asseoir l’influence de l’économie sociale et de proposer une série de recommandations visant à profiter pleinement du potentiel des entreprises de l’économie sociale. 

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